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 from your secret admirer ▬ pour rosalie

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MessageSujet: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 10:41

18 janvier

Dans l'antre sombre et humide des catacombes, à la lueur vacillante d'une vieille lampe à l'huile, le vampire complète une dernière arabesque d’une main assurée avant de reposer la plume près de l’encrier. Soufflant doucement sur le papier pour le faire sécher plus rapidement, il songe encore une fois à la belle pour qui il rédige.

Hyacinthe sort rarement de son antre, mais il doit parfois le faire pour renouveler des morceaux de sa garde-robe, refournir sa réserve d’encre ou, simplement, profiter de la beauté de Londres. Le jour faste où il posa les yeux sur elle, il se dirigeait vers une librairie antique où il espérait trouver un roman de Jane Austen, première édition. Une journée grise et brumeuse, comme il y en a tant à Londres, sombre, malgré la neige éparse recouvrant le sol. Cependant, il fût stoppé net lorsqu’apparu sa muse dans un rayon dorée du soleil.

Des cheveux d’un bleu pâle, ses yeux clairs et innocents surveillant la route, la peau pâle de ses pommettes pincées de rose par le froid : un canevas aux couleurs les plus délicates. Et bien que le nosferatu ait commencé à perdre l’habitude humaine de respirer, il se surpris, à ce moment, à retenir son souffle.

Depuis cet instant, son esprit n’était rempli que d’elle, de sa beauté, de sa délicatesse, de son nom – oui, son nom, qu’il découvrit en demandant à ses amis rongeurs de la suivre. Il apprit ainsi où elle vivait, où elle se promenait, qui elle connaissait et son nom, son nom magnifique : Rosalie. Rosalie Beaulieu.

Il ne sait trop pourquoi, mais Hyacinthe était obsédé, obnubilé par l’idée de l’aborder et de lui parler, de partager avec elle la beauté de quelques rimes, mais sa timidité – sans mentionner sa laideur – rendait cela impossible…

Jusqu’à ce qu’il trouve un poème de Robert Bridges et que son désir déborde de lui en lignes d’encre sinueuses sur son parchemin. Le poème était très long et il dût l’écrire sur deux pages, avec son encre noire et sa calligraphie impeccable.
Il se lisait comme suit:
 

Il fût satisfait, plia le doux papier en trois pour le glisser dans une enveloppe fait du même parchemin artisanale – il le fabrique lui-même, à l’image de l’ancien libraire – puis eu soudainement un doute. Ne serais-ce pas étrange de ne recevoir qu’un poème, dans une enveloppe? Ne devrait-il pas laissé, lui-même, une note? Mais il ne veux pas qu’elle le connaisse, car si elle savait, si elle le voyait, elle fuirait, assurément…

Après quelques jours de réflexions, à retourner le problème sous tous ses angles, c’est un roman de romance qui eut raison de lui. Il alla acheter une petite rose bleue, à peine sortir de son bourgeon, qu’il sécha et pressa avant de coller à un parchemin d’environ 15 cm par 15 cm. Il en décora les coins avec des arabesques à l’encre bleu nuit avant de retourner le carton et de rédiger ceci :  

Amist London’s grey garden
Bloomed a lonely blue Rose
To which I beg pardon
When this audacious letter I close

- Sincerely, your admirer

Il glissa ainsi la carte dans l’enveloppe, de sorte à ce que la rose soit la première chose qu’elle aperçoive en l’ouvrant. Comme dernière touche, il écrivit « Pour Rosalie » sur le dessus avant d’envoyer l’un de ses rats la déposer là où la belle pourra la trouver.
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 11:26

28 janvier

Les pages tournent rapidement, furieusement, avant que le vampire ne grogne et ne jette le vieux livre de côté, sur sa couchette. Il attrape un autre livre ancien dans la bibliothèque murale et se remet à tourner les pages avec énergie. Cela a pris moins de 24 heures avant que Hyacinthe ne regrette son geste hardi. Toutefois, il était déjà trop tard ; la belle avait ramasser l’enveloppe et en avait certainement lu le contenu depuis. Il s’était mordu les doigts, avait maudit l’œuvre romantique qui l’a poussé à prendre contact, a lu et relu le poème de Robert Bridges en se disant qu’il ne s’agissait guère d’un poème convenable pour une femme qu’il aime.

Puis il s’était figé. Aime ? Aimer. L’aime-t-il ? S’il avait eu un cœur vivant, celui-ci aurait fait des cabrioles à cette simple pensée. Il aime ? Il est… amoureux ? C’est étrange. Il ne se souvient pas avoir ressenti une telle chose auparavant. En fait, il ne croit pas avoir eu de tel sentiment du tout, avant aujourd’hui. Cette constatation le fit sourire sans qu’il ne puisse se retenir. Aimer ! C’était bien là la preuve que la vie avait encore des beautés rares à lui montrer.

Si d’un côté cette réalisation lui permis de faire la paix avec le contact qu’il a établi, il regrette encore le poème qu’il a envoyé. Il devrait en envoyer un autre, un… plus approprié pour Rosalie. Mais lequel? Il a tellement de recueils, cela pourrait prendre des semaines à se décider. Il s’y mit donc aussitôt, lisant avec attention chaque vers de chaque strophe. Toutefois, lorsqu’il se rendit compte que le jour du 28 janvier arrivait à grand pas, il devint nerveux : s’il devait absolument envoyer une lettre romantique à la belle, il voulait le faire le 28. Après tout, il s’agit du chiffre parfait ; il est la somme exacte de tous ses dividendes possibles. Rosalie mérite une telle perfection.

Il ne trouvait toujours pas l’œuvre parfaite, toutefois, et devenait de plus en plus empressé jusqu’à ce que, dans un recueil de poésie romantique du 18ième siècle, il tombe sur ce qui semblait être le plus merveilleux des hasards. Sans plus de cérémonie, il s’assit à son bureau usé et se met à retranscrire le poème sur un parchemin, de son écriture délicate.

Plus court que le dernier, il s'écrivit rapidement:
 

Il sourit. Rosalie était née en Juin, n’est-ce pas ? C’était là la plus belle métaphore pour sa belle Rose. Il plia le parchemin en trois, encore et le glissa dans l’enveloppe avant de prendre un nouveau carton. Il alla prendre l’une des fleurs d’un bouquet qu’un client lui avait offert quelques jours plus tôt. Un chrysanthème blanc, légèrement brunis à quelques endroits, mais ce n’était pas un problème. Encore une fois il le pressa et le sécha avant de le coller au carton, qu’il décora de fioritures à l’encre pâle – de l’encre noir diluée avec de l’eau pour donner une impression de gris.

When under the shower of golden sun
The Rose was of the finest platinum
But how sad when she was gone
For the ugly battered chrysanthemum

- Lovingly, your admirer

Légèrement incertain, mais satisfait, il glissa le carton de la même façon dans l’enveloppe avant de la fermer et de laisser, encore une fois, son rat aller la porter.


Dernière édition par Hyacinthe Nox le Ven 6 Mai - 13:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 12:03

16 février

Le vent glacé de février souffle cruellement entre les maisons, sans aucune neige à pousser : le mercure s’est maintenu au-dessus de zéro, il y a quelques jours, et la ville a reçu la pluie grise à laquelle elle est habituée. Le retour du froid soudain a fait geler cette eau, ce qui à causer quelques dommages, comme ces lampadaires de rues qui n’allument plus depuis quelques jours. Pour Hyacinthe, toutefois, c’est un avantage, car il peut se tenir face à la demeure de sa belle sans risque d’être aperçu.

À défaut de sentir son cœur palpiter, il peut sentir sa poitrine se pincer, comme percée par une pointe au niveau de l’âme. Il n’a pas écrit à sa belle depuis presque trois semaines. Non pas qu’il n’en avait pas envi, mais plutôt qu’il ne voulait pas l’incommoder. Après tout, il a cru comprendre que ce genre d’attention, de nos jours, était… mal perçu. Si, à son époque, toute personnes auraient été flattés, il sait qu’aujourd’hui il aurait probablement reçu la visite de la gendarmerie. Mais il n’a guère l’idée de faire du mal à Rosalie et ses intentions sont pures… du moins, il essai de s’en convaincre. N’est-il pas, en réalité, en train de la tromper? En lui envoyant des belles paroles, sans se dévoilé, n’est-il pas en train de lui cacher que ces attentions viennent d’une créature abjecte, d’un monstre de la noirceur?

Lorsqu’il se met à se mépriser de la sorte, Hyacinthe doit fermer les yeux et secouer légèrement la tête pour chasser ces pensées. Il essaie de se convaincre que toute chose possède une beauté particulière ; peut-être la sienne réside-t-elle dans les mots? Ce n’est pas cruel, ni mauvais, de vouloir partager la beauté d’une œuvre avec quelqu’un, n’est-ce pas? Alors, oui, il a le droit de lui écrire, malgré sa peau balafrée, ses dents aiguisés et ses yeux ternes…

Il secoue la tête encore une fois, dans le froid de février et lève les yeux sur la maison de la belle.  Il tripote nerveusement l’enveloppe entre ses doigts, prenant soit de ne pas usé l’inscription « Pour Rosalie » de ses gants. Le poème qu’il a choisi cette fois-ci est un genre de confession. La confession de ses doutes, de son être, la façon détournée qu’il a trouvé de dire à la jeune fille quel genre de personne lui rédige ces textes.

Il lui semblait que ce poème pouvait l'exposer:
 

Un très beau poème qu’il a toujours apprécié, faisant justice à sa situation. Il fût plus difficile de trouvé quoi rédiger sur sa carte, toutefois. Les mots lui manquaient. Comment lui faire savoir les sentiments contradictoires qui le déchire? Il ne pouvait qu’essayer. Cette fois-ci, la carte était décorée de plusieurs pensées aux couleurs éclectiques et son encre était d’un triste violet.

In the land of pansies they dwell
So colorful and charming they are
And the wittered chrysanthemum under her spell
Mourns it's unforgiving mar

- Apologetically, your admirer

Et le tout, nettement placé dans l’enveloppe comme à l’habitude, tenait maintenant dans ses mains. Après une heure dans le froid, après avoir secoué la tête de nombreuses fois, il se décide enfin à laisser la lettre à son rat. Appuyé sur sa canne de bois, il aurait voulu attendre et voir celle aux cheveux bleus découvrir la lettre, mais comme l’orange de l’aube pointe à l’horizon, il doit se réfugier dans les égouts de Londres.


Dernière édition par Hyacinthe Nox le Ven 6 Mai - 13:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 12:59

2 mars

Les froides pluies de mars ont commencés et la neige de janvier n’est plus qu’un souvenir flou d’une autre époque, d’une autre Londres. Le nosferatu sors de plus en plus souvent des catacombes. Il n’y avait que très peu de choses l’attirant à l’extérieur avant, mais depuis que Rosalie fait partie de sa vie, il se surprend à délaisser ses rédactions et son entretien de sa collection littéraire pour aller rôder en ville. Bien sûr, ses rats lui rapportent souvent des informations à son sujet, mais ce n’est pas la même chose que de la voir par lui-même.

Il se tient de manière précaire sur la limite du harcèlement. S’il ne prend guère de photos, ne fouille pas dans ses déchets et ne garde pas son horaire sur lui en tout temps, il l’observe de temps en temps. Particulièrement lorsqu’elle est au travail ; il y a quelques fenêtres de la bibliothèque scolaire où elle travaille lui donnant une vue assez ouverte pour l’apercevoir de temps en temps, lorsqu’elle range des livres ou office à l’accueil. Parfois, lorsqu’elle sourit à un étudiant, Hyacinthe se plait à s’imaginer à la place de ce dernier et aime penser que ce sourire lui est adressé. Comme il aimerait qu’elle lui sourît, qu’elle lui sourit réellement, en le regardant dans les yeux et en sachant qui il est. En sachant qu’il existe.

Ces jeunes étudiants qui pénètrent parfois dans la bibliothèque avec un air ennuyé ne savent guère à quel point un vampire, un être puissant et immortel, les envies. S’il pouvait effleurer la main douce de la belle bibliothécaire en lui tendant le livre qu’il lui rapporte, il n’aurait guère besoin de parapluie car chaque goutte tombant du ciel lui semblerait bénite.

C’est d’ailleurs l’une des lectures obligatoires des étudiants – Les Hauts des Hurlevents d’Emily Brönte – qui lui donna l’inspiration de sa nouvelle lettre.

De plus, il lui semblait approprié pour le changement de saison:
 

Il se sentait lui-même un peu plus léger. Après avoir insisté sur ses défauts dans son dernier message, il sentait qu’il était franc et pouvait, sans culpabilité, continuer à entretenir ce contact créé par ses lettres. Sur une carte au dos de petites fleurs sauvages, avec une encre du vert du printemps naissant contrastant vivement avec le gris des derniers jours, il écrivit étroitement quelques lignes.

But as Spring came anew
Maybe from forgiveness a friendship will bloom
For there’s nothing the silver dew
Cannot bring back from their tomb

- Hopefully, your admirer

Il est conscient que ses messages peuvent être cryptiques, quelques fois, mais il ne pense pas qu’il soit nécessaire d’être trop direct. Tant qu’elle peut sentir l’émotion dans le message, il n’a aucune crainte de la manière dont elle interprétera. Après tout, lui-même est un peu déstabilisé par les notes qu’il lui envoi.

Cette fois, il dût aller le porter lui-même dans la boite aux lettres de la maison, car les pluies ne semblaient vouloir s’arrêter et il était hors de question qu’il laisse l’encre s’étioler. En boitillant rapidement, avec l’aide de sa canne de bois, il disparut aussitôt, comme s’il venait de commettre un forfait.
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 14:36

21 mars

L’odeur de Londres a changé. Les effluves de la ville partagent les vents avec l’odeur fraiche de la nature qui prend vie ; les bourgeons qui éclosent dans les arbres, les brins d’herbes qui se redressent après avoir passé des mois sous la neige, les fleurs qui percent la terre noire pour saluer le ciel. Hyacinthe sait qu’il s’agit d’un arôme temporaire et il passe donc plusieurs jours dehors. Ce n’est pas tous les jours que Lady London change de parfum, après tout.

Les narcisses sont sortis de terre plus tard qu’à l’accoutumé. Il se souvient les avoir vu bravant une tempête de neige, l’an dernier. De les voir, enfin, le ravie tellement qu’il ne peut s’empêcher de sourire et il a l’impression d’attirer encore plus de regards qu’à l’habitude. Cela le gêne et il préfère éviter de croiser des regards. Comment dois se sentir Rosalie, avec ses cheveux colorés? Assurément, tel une jolie fleur poussant dans une ville de béton, elle doit attirer les regards curieux et émerveillés. Après tout, elle a bien trouvé le siens.

Aime-t-elle le printemps? Aime-t-elle, comme lui, voir la vie reprendre tout autour d’eux? Il aimerait pouvoir lui demander, mais il ne pourrait se permettre de l’approcher directement. Il serait incapable de former une phrase cohérente, s’il se trouvait devant elle, il en est certain. S’il est capable de parler d’un ton ferme avec un langage recherché lorsqu’il discute avec des clients, c’est bien parce qu’il les considère à sa merci, inférieur et dispensables. Mais Rosalie…. Rosalie, c’est une autre histoire. Elle lui semble si belle, si pure, si… parfaite. Il ne pourrait consciemment lui adresser la parole sans avoir l’impression de l’embêté.

Au moins, avec ses lettres, elle ignore qu’il s’agit de lui, le nosferatu, qui les lui envoi. Elle peut s’imaginer n’importe qui lui écrivant ces lettres et cela doit bien rajouter à son intérêt. Alors, profitant du fait qu’elle ne sais pas encore qu’il s’agit de lui, Hyacinthe peut bien lui partager son amour du printemps.

Et particulièrement celui des narcisses:
 

Même si elle ne porte pas le printemps dans son cœur de la même façon que lui, Hyacinthe est certain que ce poème – prenant aussi deux pages de parchemin – la fera sourire. Après tout, il semble si joyeux qu’il en radie presque ; qui pourrait rester de marbre face à cela? En honneur à ce poème, c’est un narcisse jaune qu’il colle au carton, cette fois, et d’une encre presque dorée il rédige son message de circonstances.

As the air fills with glee
The gloomy London garden
I wish the Rose is happy
And disappears any burden

- Earnestly, your admirer

Hyacinthe ne peut retenir un sourire lui-même à la couleur vive de la fleur. Il en inspire l’odeur avant de la glisser dans l’enveloppe. Il ajoute une fioriture supplémentaire sur le dessus de l’enveloppe, sous la mention « Pour Rosalie » avant de tendre la lettre à l’un de ses rats. C’est une belle journée, dehors, mais il n’a guère le temps de sortir, car il a du travail à faire. Toutefois, un bouquet de narcisse l’accompagne et éclaire son antre.
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 15:09

11 avril

Alors que les grands nuages blancs roulent contre le ciel bleu, poussés par des vents de plus en plus chauds, le vampire constate qu’il apprécie de plus en plus ces couleurs. Bleu comme ses cheveux, blanc comme sa peau de porcelaine.  Peut-être s’est-il trompé en la croyant humaine ; elle semble être l’incarnation vivante du cosmos. La fille de l’Univers, discrètement sur terre, apportant un vent de fraîcheur au cœur sec et vide d’une créature des profondeurs.

Hyacinthe sent le soleil prêt à revenir et cela créer chez lui des émotions contradictoires. D’un côté, il est empli de félicité à l’idée que de chauds rayons dorés vont enfin, de nouveau, illuminés en carreaux la ville qui est autrement grise. D’un autre côté, pour la première fois depuis longtemps, il regrette que cela va l’empêcher de rester plus longtemps à l’extérieur. Si le soleil affecte moins les vampires plus âgés, un nosferatu comme lui qui passe la majorité de son temps dans les tunnels sombres des catacombes sont aussi faibles à ses rayons que des nouveau-nés.  Bientôt, il devrait surveiller le ciel pour savoir quand il est acceptable pour lui de s’installer sur le banc en face des fenêtres de la bibliothèque. La dernière chose qu’il souhaite est de perdre le contrôle sur son pouvoir obfuscate et dévoilé, en plein jour et si près de sa belle, son hideuse apparence.

C’est regrettable, car il aime de plus en plus ce banc. Il y lit de la poésie, cherchant quel morceau envoyer à Rosalie la prochaine fois, tout en gardant un œil sur elle. Parfois, il s’y installe avec encre et papier et rédige les documents qu’il compile normalement au calme de son antre. Là, sous les arbres maigrelets aux jeunes feuilles vertes, les oiseaux chantent. C’est par hasard qu’il lut, un jour, sur ce banc, le parfait poème pour son prochain envoi.

Un poème intitulé « Answer to a Child's Question »:
 

Hyacinthe lève les yeux sur la fenêtre, observant la belle aux cheveux bleus remettre des livres sur leur étagère. Comme il serait merveilleux de pouvoir se dire que Rosalie l’aime aussi. Pas réellement lui, mais plutôt, son admirateur. Si elle apprécie cette présence, ces messages, il serait satisfait. Il retranscrit le poème sur le moment, mais il dût attendre d’être de retour dans les catacombes pour compléter avec la carte. D’une encre bleue claire, cette fois, il écrivit ses lignes.

As pure as the spring sky
If the blue Rose would
Make the chrysanthemum her ally
It’ll promise to do good

- Humbly, your admirer

Au dos de ce carton, c’est un chrysanthème bleu qu’il applique. Si la belle savait le mal qu’il a parfois causé à autrui, elle serait certainement effrayée. S’il y a une chance qu’elle aime réellement ces missives qu’il lui envoie, peut-être devrait-il apprendre à se contrôler et éviter de blesser ses victimes plus que nécessaires. Si cela peut le rendre moins monstrueux… il est prêt à le faire.
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 15:38

28 avril

Avec un petit sourire en coin, le vampire caresse la tête rousse du rat dormant sur son bureau. Ce petit rat d’à peine deux ans est l’un de ses alliés favoris, dernièrement. Toujours propre et délicat, il aime se pelotonner dans son foulard et ne l’endommage pas. Attachant, il se nomme Honeydew, comme il adore ce type de melon. Dernièrement, avec l’aide de ce petit rat, Hyacinthe a finalement franchi la limite du harcèlement. Inquiet que peut être Rosalie se débarrasse de ses lettres, il a demandé à son ami rongeur d’aller vérifier.

Après quelques jours, toutefois, il fût rassuré : le rat a pu apercevoir, au travers de la fenêtre de la jeune femme, un recueillement de toutes les cartes qu’elle reçoit et, parmi elles, celles écrites par le nosferatu. Ce fût un soulagement profond ; il ne sait guère ce qu’il aurait fait si le rat roux lui aurait rapporter ses lettres, froissés, déchirés et tachés d’un séjour dans les poubelles. Il préfère même ne plus y penser du tout.

Ce qu’il préfère visualisé, c’est une amitié réelle entre la belle et lui. Après tout, dans son dernier message, il tendait la main et le fait qu’elle ne se soit pas débarrasser de ses missives lui indique, à sa façon, qu’elle a tendu la sienne aussi.

Il a passé quelques jours sereins à fouiller dans ses livres et recueils pour dénicher un poème léger qui pourrait passer son sentiment de soulagement à Rosalie. Lorsqu’il le trouva, il le retranscrit avec lenteur, portant encore plus attention à sa calligraphie qu’à l’accoutumée.

De son lettrage délicat, le poème prit forme:
 

Bien que court et originellement une chanson, cela lui semblait parfait pour l’occasion. Il laissa le poème ouvert, alors qu’il cherchait l’inspiration pour son prochain mémo. Après quelques minutes, un doute s’infiltra en lui. Peut-il vraiment s’appeler son ami, alors qu’ils ne se sont jamais parlés? Qu’elle ignore qui il est?  Il ne peut prendre ce risque, toutefois. Il préfère la laisser dans le doute que de lui donner la chance de le voir. D’une encre brune, sur un carton au dos de fougère, il traça ces mots :

They will never meet
The blue Rose and singing chrysanthemum
Surely the later would cheat
And for purity and truth run

- Reservedly, your admirer

Ce n’est rien contre elle, vraiment. C’est simplement pour lui. Pour son cœur deux fois centenaire incroyablement fragile qui ne pourrait survivre si on lui retire la flèche que lui a donné cupidon.
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MessageSujet: Re: from your secret admirer ▬ pour rosalie   Ven 6 Mai - 16:10

6 mai

La chaleur se fait encore attendre, mais la verdure est belle et bien arrivée à Londres. Des pissenlits, même, se pointent sur les pelouses étroites des résidences normalement bien entretenus. Hyacinthe n’a jamais pris le temps, auparavant, de penser à quel point il était dommage qu’une mauvaise herbe comme celle-là soit d’un jaune aussi beau et aussi vif. Jolis, ils égayent le paysage, mais leur infestation étouffe les autres plantes qui tentent de partager leur environnement. En ce sens, les vampires sont des mauvaises herbes. Semblant attirant au premier abord, ils sont en réalité une espèce sapant lentement, mais surement, l’énergie des autres pour continuer à vivre et se multiplier. Et s’il sont des mauvaises herbes, les chasseurs sont-ils des jardiniers? La pensée le fait presque rire.

S’il a de tels pensés, c’est qu’il a, dernièrement, rencontré des chasseurs. Ou plutôt, il les a vu. Les rares hunters auxquels il s’est frotté, il les a éliminés : il n’est pas du genre sentimental lorsque cela a trait à sa vie ou son business. Il a travaillé si fort pour poursuivre la collection commencée par ses prédécesseurs qu’il ne supporterait pas de la voir désorganisée ou détruite par des barbares qui croient que les vampires ne sont rien d’autre que des êtres sanguinaires.

Toutefois, d’avoir aperçu ces chasseurs rôdant en ville lui a fait prendre conscience d’une chose ; il peut disparaitre, du jour au lentement, et Rosalie ne s’en apercevrait même pas. Après tout, sa vie n’a pas été transformer par les lettres qu’elle reçoit de sa part ; ce n’est qu’un message de temps en temps, un bref mémo que quelqu’un, quelque part, a pensé à elle. Mais elle, elle ne le connait pas et donc, s’il cessait soudainement de lui écrire, elle se dirait surement qu’il s’est lassé. Ou, pire encore, elle ne remarquerait pas du tout jusqu’au jour où elle apercevra de nouveau les lettres qu’elle a conservé et se demandera, surprise, qui a bien pu les lui envoyer et pourquoi il a cessé.
Mais c’est tout. C’est tout ce qu’il est. Une vague présence qui se manifeste au hasard. En vérité, cela l’attriste un peu. Et c’est simplement par égoïsme, cette fois, qu’il sort l’un de ses recueils favoris pour l’ouvrir à une page qu’il connait très bien.

Un poème qui le rend heureux et triste à la fois, comme peu peuvent le faire:
 

Il se permet un soupire en reposant sa plume. Si elle pouvait, ne serait-ce que quelques années, se souvenir de lui… sera-t-il satisfait? Il ose croire que oui. Lui, par contre, ne l’oubliera jamais, du temps qu’il vit, car comme bon scribe qu’il est, il note avec précision tous les jours qui passe dans son journal. Il en a déjà une dizaine de volumes, relié en cuir, aligné sur une tablette séparée des autres. Le dernier se remplis de plus en plus du nom de la belle aux cheveux bleus. Sur un carton portant un coquelicot, avec une encre rouge foncée, il compose sa nouvelle strophe.

The chrysanthemum is pale
While the blue Rose shine
But it still wants to give her the tale
That once was mine

- Selfishly, your admirer

Oui, vraiment, d’espérer qu’elle garde souvenir de lui est une demande égoïste. Il serait peut-être mieux qu’il déchire cette lettre et lui en envoie une autre. Ou, plutôt, peut-être devrait-il arrêter de lui en envoyé?

Après quelques minutes, il secoue la tête, glissant le carton et le parchemin dans l’enveloppe. Son pire défaut, assurément.
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